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L’abeille à miel


C’est la fleur que l’abeille a choisie.
C’est la fleur d’où le pollen jaillit.
C’est la fleur aux couleurs éclatantes, 
Au parfum si doux, à l’odeur tentante.



Table des matières

  1. Description de l’œuvre
    Une fiche descriptive de l’œuvre et de ses éléments techniques.
  1. L’œuvre
    Un résumé de l’œuvre et une présentation de l’expérience d’usager.
  1. Ressources éducatives
    Des ressources éducatives qui sont constituées de pistes d’exploitation, de contenus pédagogiques, d’expérimentation sur la réception de l’œuvre ainsi que de la démarche de création.

Description de l’œuvre

Auteur.rice / illustrateur.rice

Kirsten Hall (autrice); Isabelle Arsenault (illustratrice)

Éditeur.rice.s

La Pastèque; La puce à l’oreille

Autres contributeur.rice.s

Mathieu Leroux (traducteur)

Date de la première publication et dernière mise à jour connue

Album : 2018
Balado : 2019

Langues

français 
(langue originale de l’album : anglais)

Système opératif et supports requis

Expérience proposée :

  • Album enrichi par un balado documentaire

Fonctionnalités numériques et caractéristiques médiatiques :

  • Ressources multimodales
  • Balado

L’œuvre

Écrit pour sensibiliser sur la réduction progressive de la population des abeilles, L’abeille à miel est un poème album à visée documentaire créé par l’américaine Kirsten Hall et illustré par l’artiste québécoise Isabelle Arsenault. Composé de 38 doubles pages, l’ouvrage illustre, en vers libres rimés, le processus d’élaboration du miel, des étapes de butinage et de repérage du nectar, jusqu’à celles de cristallisation et stockage dans la ruche.

Les abeilles, protagonistes de l’œuvre, sont montrées dans les différentes phases de la fabrication, leur représentation venant corroborer cet imaginaire d’espèce travailleuse, industrieuse et collaborative que la culture populaire et la tradition littéraire ont contribué à façonner. On les voit, au début de l’album, virevolter sur la double page de l’album, dans des champs où, « à perte de vue (…) poussent, sauvages et libres… DES FLEURS ». On les entend s’approcher (« Tu entends? C’est tout près »), leur vol étant annoncé par des bourdonnements et des frémissements d’ailes. En suivant leur tracé, on assiste au choix de la fleur, à la collecte du nectar, puis à la danse par laquelle chaque abeille adresse ses compagnes vers l’endroit de cueillette. 

L’étape véritable d’élaboration du miel est décrite par une double page montrant plusieurs groupes d’abeilles en activité, dans une configuration de travail à la chaine : les unes mélangent nectar et miellat, puis malaxent le composé produit, tandis que les autres transfèrent le miel dans les alvéoles et se chargent de le sécher. 

Un jeu de police permet de suivre la vie de la ruche à la fois de l’extérieur et de l’intérieur. Par des caractères minuscules, une voix hors champs décrit les cadres spatio-temporaux, illustre les différentes étapes du processus de fabrication du miel (« Le nectar refroidit et sèche comme de la paille. L’air est chargé maintenant. Les ailes font monter le rythme d’un cran » [p. 23]) ou, encore, s’adresse au lecteur pour attirer son attention sur un son ou une image (« Tu entends » ? [p. 5], « Regarde, elles arrivent » [p. 17]).

Par des majuscules, en revanche, on donne la parole aux abeilles elles-mêmes : anthropomorphisées et bourdonnantes, elles sont montrées dans l’acte de parler (entre elles ou au lecteur) et sont données à écouter par un jeu d’onomatopées et d’exclamations. BZZZ!

Textes et illustrations, opérant selon un rapport de collaboration et complémentarité, se distribuent sur la double page de l’album de diverses manières, en fonction du contexte et du message. 

Des doubles pages, généralement à prédominance iconique, illustrent les étendues de butinage des abeilles, tandis que d’autres, partagées davantage avec les matières verbales, exploitent l’ampleur de la page pour montrer la multiplicité des activités réalisées ou pour évoquer une dimension de mouvement dans l’espace.

Dans d’autres cas, la continuité de la double page est interrompue, soit pour montrer deux perspectives différentes, soit pour signaler une évolution temporelle. 

Enfin, l’utilisation de cadres de compartimentage qui recoupent davantage la page – ou la double-page – permet d’isoler plusieurs séquences et de représenter visuellement le passage du temps ou le changement d’activités des personnages. 

Si l’album de Hall et Arsenault, avec ses onomatopées et ses discours directs, invite à la mise en son, le balado documentaire produit par le studio La puce à l’oreille peut se considérer comme son augmentation idéale. En cinq minutes environ, le podcast offre en effet une description détaillée et accessible de la vie des abeilles, avec un focus sur l’espèce dite domestique. Sont présentés leurs caractéristiques anatomiques, leurs modes de vie et leurs castes, ainsi que les différentes missions qu’elles endossent tout au long de la vie. On insiste également sur le rôle joué par ces insectes sur la pollinisation, tout en évoquant les enjeux environnementaux provoqués par la diminution de leur population. 

Un arrière-plan sonore accompagne l’explication scientifique, en ponctuant des moments clés du discours par de brefs interludes musicaux, voire en faisant écouter les sons et les bruits des abeilles.


Ressources éducatives

Éducation

L’album, ainsi que le contenu sonore proposé par le balado documentaire, peuvent être exploités en classe dans une perspective double, littéraire et sociétale. 

En tant que poème-album, L’abeille à miel se prête à une analyse des procédés artistiques, stylistiques et rythmiques utilisés pour exprimer le message. En tant que traduction, il peut être exploité pour une réflexion sur les procédés d’adaptation linguistique, permettant aux œuvres de circuler et d’être signifiantes pour des lectorats différents de ceux de départ.

Enfin, lu avec le balado, l’ouvrage de Hall et Arsenault peut déclencher un approfondissement sur les enjeux environnementaux qui constituent l’arrière-plan du texte, en abordant une analyse sur les espèces à risque, sur les mesures locales et transnationales de protection de la biodiversité ou, encore, sur les arbitrages politiques entre capital économique et naturel. 

Dans la perspective d’une ouverture interdisciplinaire, une lecture conjointe avec l’enseignant.e de sciences permettra de revoir le processus d’élaboration du miel d’un point de vue biochimique.

Fiche pédagogique crée par La puce à l’oreille