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Entretien avec le fondateur des Éditions Biscornus

Entrevue de Gabrielle Lapointe

Les éditions Biscornus ont vu le jour grâce à Guillaume Lamothe. Cette maison d’édition se démarque par ses affiches interactives proposant différents balados sur divers sujets. Lab-yrinthe s’est entretenu avec Guillaume pour en savoir plus sur leur affiche De Grandes Innovations, qui propose aux jeunes d’en connaître davantage sur dix innovations marquantes.

Vous avez, dans les dernières années, monté une nouvelle maison d’édition, les Éditions Biscornus. Pouvez-vous vous présenter ainsi que votre maison d’édition?

Je m’appelle Guillaume Lamothe, je suis le fondateur de la maison d’édition Biscornus. Les Éditions Biscornus sont un projet qui me trotte dans la tête depuis longtemps. Je l’ai incorporé en 2017 et, à cause de la pandémie, ça a été un peu plus long. On est des néophytes dans le milieu. C’est un flash que j’ai eu à un moment donné et j’aime réaliser mes inspirations et les choses qui m’interpellent.

Avec nos affiches interactives, ce sont des expériences culturelles qu’on suggère. Les modes de contenu sont diversifiés et l’affiche sert de portail vers du contenu numérique via des codes QR. On essaie le plus possible d’avoir des histoires et du contenu provenant d’artistes québécois, car un de nos objectifs est de promouvoir la culture québécoise. En général, ce sont des histoires avec un texte écrit, une police adaptable et un balado.

L’affiche De Grandes Innovations est le premier projet des Éditions Biscornus. Comment cette idée a-t-elle vu le jour?

Ce qui est fantastique avec l’affiche, c’est qu’elle permet de vivre une expérience totale et de lier le numérique avec le matériel. La machine, là-dedans (iPad, téléphone), perd de son importance, car elle est juste présente pour lier les deux ensemble (le numérique et le matériel) et pour permettre de vivre une expérience entière plutôt que juste se dire « je vais voir du numérique » ou « j’ouvre un livre pour lire ». En plus, ça me permettait de conjuguer l’histoire avec les arts graphiques, un peu comme dans la BD, où l’écriture et les images sont intercalées.

Il y a d’autres raisons pour lesquelles on a choisi l’affiche. Tout d’abord, on est en train de dématérialiser la culture. On a perdu nos CD, nos albums. On n’a pas perdu les livres, et d’après moi, on ne les perdra jamais. L’affiche peut en quelque sorte reprendre des aspects des albums musicaux. Par exemple, une affiche exposée en tout temps chez quelqu’un a une visibilité qui est incomparable. C’est un moyen efficace d’interpeller les jeunes. Pour moi, c’est de la publicité pour la culture et pour nos artistes.

L’affiche De Grandes Innovations fait découvrir aux usagers et usagères plusieurs innovations à l’aide d’une affiche augmentée. Ce terme est relativement nouveau, pouvez-vous nous expliquer cette technologie?

On aime penser à une affiche plutôt interactive et non augmentée parce qu’on utilise des codes QR pour accéder à du contenu en ligne.  Ça donne une expérience beaucoup plus fluide que, par exemple, des applications où la machine prend un rôle prépondérant et où l’usager a des problèmes de déviation, de butinage. De notre côté, on offre un canal qui est dirigé vers la culture grâce au code QR.

Pour avoir accès aux informations, l’usager doit scanner le code QR associé à chacune des illustrations de l’affiche. Pourquoi avez-vous fait le choix d’utiliser ce dispositif plutôt qu’un autre?

Pour le moment, le code QR peut être intégré de manière harmonieuse dans une œuvre d’art. Ça permet de lier aisément le numérique avec le matériel, tout en s’assurant que la machine n’ait pas une place trop importante.

Les histoires racontées sont sonores, pourquoi avez-vous fait ce choix?

En fait, nous, on a vraiment quatre piliers avec lesquels on aligne nos projets : accessibilité, flexibilité, découvrabilité et visibilité. Donc pourquoi les balados? C’est d’abord par souci d’accessibilité, pour les personnes ayant des troubles de la vision. C’est aussi vraiment efficace pour apprendre la lecture. On peut suivre le texte en écoutant le balado. Le balado permet de rejoindre un plus grand public en ayant l’opportunité de faire les deux en même temps. Pour la découvrabilité, avoir des balados nous permet de mettre des extraits audios sur différentes plateformes et de taguer des gens.

L’affiche a été réalisée avec une équipe solide dont chaque membre a eu rôle spécifique. Comment ce processus s’est-il déroulé? Quelles ont été les premières étapes de ce projet?

Pour notre première publication, j’ai été chanceux, car ma sœur, Isabelle Lamothe, m’a beaucoup épaulé. Elle travaille beaucoup dans le domaine de la médiation en relations interculturelles. C’est aussi la présidente de l’Association des médiateurs interculturels du Québec et elle est très active dans le milieu de l’apprentissage. Ensuite, on est allé chercher un illustrateur, Steve Adams, parce qu’on trippait sur ses images tout simplement, on était super contents d’être capables de le convaincre. Puis, on est allé chercher Laura Kaffin, une autrice super sympathique qui fait ses trucs originaux, mais qui aussi est habituée à prendre des commandes. Finalement, au design, on a eu la collaboration de Dimitri Lebreton, qui nous a aidés à faire l’intégration de l’affiche.

Pourquoi avoir choisi les innovations?

C’est une grande question. J’ai choisi les innovations parce que je trouve que le Québec est le fruit d’une évolution qui vient beaucoup des innovations. On a aussi le projet de faire une affiche sur les innovations sociales, comme le système de santé, le service des garderies, mais pour le moment, on est plus dans les innovations « classiques ». La raison derrière ça est que j’ai l’impression qu’on est, beaucoup plus qu’on le réalise, le produit de toutes ces innovations.

Quelles ont été les difficultés rencontrées pendant la création de l’affiche?

Il y a eu beaucoup de résolution de problèmes. Par exemple, on a choisi un format d’affiche difficile à imprimer. Pourquoi avoir utilisé ce format? Parce que, plus que notre logo ne  pourra jamais le faire, c’est notre format qui va définir notre marque, à terme. Le fait d’avoir une affiche de 72 pouces par 12 pouces est rare. Les gens vont donc nous reconnaître grâce à ce format. On a eu la chance de trouver un endroit pour l’imprimer au Québec.

Il y avait aussi les encres. Des encres qui résistent au temps et qui ne délavent pas à la suite de l’exposition au soleil. Ça a l’air plus facile qu’on pense, mais une affiche, ça va être affiché longtemps, il peut y avoir un rayon de soleil dans une fenêtre de chambre d’enfant qui tombe à une place et deux heures plus tard, tout est délavé. On a donc dû faire de la recherche là-dessus.

À la suite de la publication du projet, quelles ont été les réactions du public?

Les échantillons qui ont été envoyés dans les écoles ont reçu de bonnes réactions tandis qu’autour de moi, l’accueil était très critique. La réception dans les écoles est très bonne, surtout dans celles qui intègrent les technologies numériques dans l’enseignement. On a aussi décidé que pour la prochaine affiche, au lieu de dix innovations, on en mettra seulement sept pour que le visuel soit meilleur.

Les éditions Biscornus ont plusieurs projets d’affiches augmentées à venir, telles que les champignons du Québec, une trousse poétique ainsi que la pleine conscience.

Pour en savoir plus sur cette maison d’édition et sur l’affiche De Grandes innovations :

Vous pouvez aussi vous y rendre à l’aide de ce code QR