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Figures de style

L’identification des combinaisons intermodales et l’analyse des interactions utilisées pour exprimer un message littéraire dans le corpus littéraire numérique pour la jeunesse a permis d’esquisser un répertoire de « figures de style », qui intègre et complète le répertoire de figures de la « lecture », du « texte » et du « dispositif » esquissé au fil du temps par les chercheur·e·s en littérature numérique.

Largement exploitée dans le discours critique sur les œuvres numériques, la notion de figure permet de décrire des effets surgissant de l’interaction entre les diverses ressources qui composent le texte, le support et ses manifestations d’interface (Bouchardon, 2011). 

Elle a déjà été utilisée pour rapprocher l’hypertexte de l’ellipse, de la métonymie et de la synecdoque, l’animation de l’hypotypose ou de la métaphore, l’interaction de la métalepse, ainsi que pour décrire des procédés inédits, propres aux discours et à la textualité numérique.

Bouchardon (2011) a, par exemple, isolé des figures de la manipulation, qui exploitent des intersections entre éléments médiatiques et manipulations écraniques.

Saemmer (2011) a, entre autres, identifié des figures de l’animation, soit des procédés dans lesquels « la sémiose est basée sur des processus d’intersection de traits signifiants associés au mouvement, au texte/à l’image, et aux contextes » (p. 29).

S’inscrivant dans le même cadre théorique, la thèse d’Acerra (2019), dédiée à la poétique des applications littéraires pour la jeunesse, a mené à l’identification de neuf figures qui se sont avérées opérationnelles aussi pour analyser des associations entre ressources sémiotiques, dispositifs et gestes interactifs dans d’autres genres numériques. 

Voici quelques exemples. 

Figures de la disposition textuelle.

Il s’agit de figures impliquant une disposition progressive des matières textuelles sur l’interface narrative. En effet, dans les œuvres numériques, les matières verbales peuvent ne pas se trouver sur le « déjà-là » de la page-écran, mais se disposer petit à petit sur l’interface narrative, en dévoilant leurs contenus selon un rythme plus ou moins rapide qui, lui-aussi, contribue à évoquer le discours, à déterminer l’atmosphère du récit ou à décrire les états d’âme des personnages.

Figures de la description.

Les « figures de la description » utilisent textes, images, sons et/ou interactions pour rendre visible et/ou audible une portion de texte, ou bien pour illustrer une scène ou une suite d’évènements fictionnels.

Métaphores multimodales.

Si la métaphore décrit une figure comportant le rapprochement de deux ou plusieurs unités de sens, ayant des rapports de proximité et de similarité plus ou moins éloignés, la métaphore multimodale utilise la combinaison de diverses ressources modales (images, gestes, animations, sons, textes, etc.) pour signifier.

En jouant sur des référents et des caractéristiques (visibles ou symboliques) des éléments représentés ou des gestes requis aux lecteur.rice.s, elle crée des effets de sens et, en même temps, lie les situations et les éléments représentés à l’expérience empirique et fictionnelle des lecteur.rice.s. 


Que retenir?

  • Textes, images, animations, sons et gestes peuvent être utilisés et combinés pour produire des effets de sens inédits.
  • Ces combinaisons déterminent l’expérience de lecture littéraire numérique et, en même temps, la poétique de l’œuvre numérique

Il conviendra alors que les jeunes sachent :

  • Identifier les phénomènes de sens qui peuvent surgir de la combinaison de plusieurs ressources sémiotiques ; 
  • Reconnaitre la finalité des différentes combinaisons ; 
  • Comprendre, interpréter et apprécier les différentes combinaisons.