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Linéarité / non-linéarité

La non-linéarité est une caractéristique souvent associée aux environnements numériques et aux hypertextes tout particulièrement. Elle fait référence à la possibilité, pour les interlecteur.rice.s, de choisir – en tout ou partiellement – l’itinéraire de navigation et de consultation d’un contenu.

Se développant autour de blocs textuels (mono- ou multimodaux), dans lesquels « chaque nœud contient une portion de texte ou d’autres informations » (Nielsen, 1990, p. 298), l’hypertexte offre la possibilité d’établir son parcours de lecture, en décidant – sur la base de ses curiosités et de ses intuitions – l’ordre d’ouverture des fragments

De ce fait, la lecture d’un hypertexte n’est pas forcément linéaire et requiert des compétences spécifiques.

D’une part, le.la lecteur.rice est invité.e à effectuer des choix critiques pour avancer dans un texte qui ne se développe pas forcément sur un plan de continuité. 


D’autre part, il.elle doit faire constamment dialoguer texte principal et contenus greffés, en identifiant les relations qui les lient.

Dès lors, le.la concepteur.rice d’hypertextes est amené.e à effectuer des choix stratégiques afin d’organiser son discours dans un parcours multidirectionnel et éclaté. Un hypertexte présuppose, par exemple, de définir l’ordre des informations dans chaque portion du texte, d’établir la marge de liberté accordée au.à la lecteur.rice dans l’exploration et, éventuellement, la possibilité de parcourir différents chemins lors de la même lecture. 


Que retenir?

Dans la lecture d’un texte non-linéaire : 

a- L’ordre de présentation des contenus dans un hypertexte est – en tout ou partiellement – choisi par les lecteur.rice.s.

b- Les informations sont organisées en réseaux de nœuds reliés entre eux par une relation sémantique. 

c- Les relations qui lient texte géniteur et textes greffés sont diverses et variées. Elles peuvent aller de l’association d’idées à la stratification des contenus. 

d- Les hyperliens fonctionnent comme une « promesse de sens » (Saemmer, 2015) :

« Avant d’être activé, l’hyperlien adresse une promesse au lecteur. Les attentes du lecteur sont orientées par le mot hyperlié, par le texte entourant l’hyperlien, par les formes de la page-écran et par des imaginaires personnels et socialement partagés » (Saemmer, 2015, p. 27). 

e-  Les jeunes lecteur.rice.s tendent à aborder les hyperliens avec des préfigurations erronées sur leurs contenus. En général, il.elle.s ne s’attendent pas aux informations contenues dans les hyperliens et présupposent à tort que « l’information contenue […] est par défaut une définition » (Carignan, Grenon et Caron, 2012, p. 89).

Il conviendra notamment que les jeunes sachent :

  •  Se saisir de parcours de lecture non nécessairement linéaires ; 
  • Identifier les relations qui peuvent lier texte principal et textes greffés ;
  • Effectuer des choix critiques et conscients pour avancer et les analyser a posteriori
  • Identifier la rhétorique de rappel (Saemmer et Tréhondart, 2014) qui peut lier les textes et les gestes nécessaires à les activer.